mardi 17 mai 2011

Ramata, adapté par Léandre-Alain Baker


Ramata est un ouvrage que je lirai un jour. Parce que mon ami Hervé Ferrand en a fait une très belle critique. Parce que Léandre-Alain Baker en a fait un film profond et intéressant. Parce qu’il faudra bien un jour que je découvre Abasse Ndione, auteur de polars depuis Dakar.

J’ai eu le privilège de voir ce film avant sa sortie en salles, le 1er juin 2011. Un film qui a mis un certain à rencontrer le grand public si on considère que l’actrice qui le porte, Katoucha Niane, a disparu il y a plus de trois ans dans des circonstances toujours non élucidées.

Katoucha.

Je ne sais pas si une autre actrice aurait pu habiter le personnage central de ce drame. Ramata.
Une femme. Une cinquantaine d’années. Belle. Épouse depuis près de trente ans du Garde des Sceaux sénégalais. Le pouvoir. La richesse. Les moyens de s’entretenir. Une belle baraque. Une fille. Un petit-fils. Des hommes? Pourtant, quand Ramata se fait enlever par Ngor le temps d’une soirée, un jeune brigand qui sort de taule, sa vie bascule. La femme abandonne la sécurité de son mariage pour une relation périlleuse et incertaine, où elle perd le nord. D’autant que l’apparition de Ngor n’est peut être pas fortuite…


Léandre-Alain Baker réalise un film d’auteur intelligent admirablement porté par Katoucha Niane et Viktor Lazlo. Un projet où la femme a une parole libre et tente de se défaire d’une relation lourde et inaboutie. La femme objet décide de s’extraire de son rôle de potiche pour se réaliser. Une libération de la solitude de l’oasis pour les ardeurs et le silence du désert ? Qui est Ngor, ce jeune homme qui a 25 ans de moins que Ramata ?

On sent dans le jeu de Katoucha, une tristesse profonde qui sied bien au mal-être du personnage incarnée. On sent une souffrance de certaines femmes africaines qui portent leur destinée comme un fardeau. On sent l’émotion de l’actrice qui semble jouer un rôle qui la touche profondément. La tragédie d'une vie personnelle qui l'a conduite à écrire Dans ma chair. Une souffrance que Léandre-Alain Baker capte très bien.

Je ne suis pas un spécialiste de cinéma. Je ne rentrerai pas dans des considérations techniques.
Mais, j’ai bien aimé le montage, l’agencement des scènes. On peut regretter quelques temps morts qui sont néanmoins brefs. Ce film sort trois ans après sa production, après de nombreux festivals, dans une salle à Paris, au cinéma La Clé, du côté de Maubert Mutualité, à partir du 1er juin 2011.


Ramata, film adapté du roman d'Abasse Ndione,
réalisé par Léandre-Alain Baker, produit par Mokhtar Bah, musique de Wasis Diop
avec Katoucha Niane, Viktor Lazlo, Ibrahima Mbaye, Ismael Cissé, Suzanne Diouf, Abdoulaye Diop Dani, Ernest Seck

Voir une présentation de RFI avec Mockhtar Bah et Léandre-Alain Baker

9 commentaires:

Mwouais.. a dit…

Pour moi Ramata c'est un film inachevé, pas crédible, une histoire sans queue ni tête (ni intérêt, à part celui de voir l'actrice principale dont le jeu est bien pauvre, paix a son âme)...

Au risque de passer pour un rustre qui n'y comprend rien, j'assume: s'il y avait un message dans ce film, alors je suis passé à cote.
Trop "artistique" à mon gout.

Françoise a dit…

je vais le voir demain ...malgré cet avis négatif ! je garde un bon souvenir de lecture du roman, suffisamment éloignée dans mon esprit pour y aller ....sans interférences !

GANGOUEUS a dit…

C'est ce qu'on appelle une torpille. Mais la liberté d'expression veut que Mwouais donne son point de vue négatif.

En faisant cela, il se cantonne à donner une note, faisant fi de la faiblesse des moyens de la production de ce film, il fait fi de la qualité de l'accompagnement musical, il fait fi de la difficulté d'adapter un roman aussi dense que celui d'Abasse Ndione, il fait fi de comprendre le jeu de Katoucha dont le rôle semble lui coller à la peau. C'est votre droit de torpiller, de noyer un film sans ressources (financières) mais très beau visuellement et sortant l'Afrique des clichés dans lequel l'enferme un certain cinéma africain.

@ Françoise,
J'espère que tu apprécieras ce film pour ce qu'il est et le jeu de Katoucha que j'ai trouvé émouvant.

Françoise a dit…

Gangoueus, j'ai bien aimé ce film, et pourtant je suis une très mauvaise référence en matière de cinéma (je dors très facilement au cinéma !), là je suis suis restée un peu tendue par l'intensité dramatique qui est assez permanente; je ne me souvenais plus exactement de tous les éléments du livre mais ils sont vite réapparus dans ma tête .J'espère qu'il y a plus de monde aujourd'hui, parce qu'il n'y avait pas foule à la clef !
Katoucha est magnifique, je pense que son jeu n'est pas parfait mais elle dégage une présence ! par contre Viktor Lazlo est vraiment une actrice excellente.

GANGOUEUS a dit…

Chère Françoise, si tu savais... Les deux derniers que je suis passé voir au cinoches, j'ai dormi sur la moitié des deux films. Bah, c'est une affaire de communication. Espérons que le public du quartier ce déplacera...

Joss a dit…

Hum... non. Ce n'était vraiment pas ma tasse de thé.
Je n'ai jamais compris pourquoi beaucoup de films africains jouent sur les silences, les longues séquences silencieuses... mes souvenirs des 3 pays africains où j'ai vécu c'es au contraire le bruit des gamins, l'agitation des marchés, les rires permanent dans les cours communes. Surtout Dakar que je connais plus que bien :-(

Je vais m'empresser de lire le livre car je trouve l'histoire de cette cougar africaine intéressante, mais le transfert en film m'a laissé dubitatif

Le jeu de Katoucha ? Excessif et sur-joué.

Seuls points positifs les superbes images de Dakar qui ont ramené mes souvenirs en surface, et certaines saillis bien trouvées dans les dialogues

Désolé. Je ne suis pas rentré dedans.

Joss a dit…

"... c'esT au contraire le..."

ainsi que les autres coquilles que j'ai allègrement semé dans mon commentaire ;-)

GANGOUEUS a dit…

Cougar, Joss, je pensais pas que tu sombrerais dans les phénomènes de mode...

Je ne partage pas ton avis selon lequel Katoucha surjoue. Je trouve au contraire qu'elle apporte un supplément d'âme au personnage qu'elle porte.

Tu dis :
e n'ai jamais compris pourquoi beaucoup de films africains jouent sur les silences, les longues séquences silencieuses... mes souvenirs des 3 pays africains où j'ai vécu c'es au contraire le bruit des gamins, l'agitation des marchés, les rires permanent dans les cours communes.

Je préfère cela au boucan des théâtre populaire africain du type Ma famille, ,Salongo où les gens passent leur temps à hurler. Tu remarqueras que Ramata vit dans un milieu huppé. On n'est pas à la Médina, mon gars...

bouya ndiaye a dit…

where can i see the movie or where to get it?